Femme nue, femme noire
Vétue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J'ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu'au coeur de l'Eté et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d'un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l'éclair d'un aigle
Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais
lyrique ma bouche
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l'Aimée
Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l'athlète, aux
flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta
peau.
Délices des jeux de l'Esprit, les reflets de l'or ronge ta peau qui se moire
A l'ombre de ta chevelure, s'éclaire mon angoisse aux soleils prochains
de tes yeux.
Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l'Eternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les
racines de la vie.
Léopold Sédar Senghor
Extrait de " Oeuvres Poétiques"
et la la partie pr les femme de tt la Terre
Un fils demanda à sa mère :
- Maman, pourquoi pleures tu ?
Elle répondit :
- Parce que je suis une femme.
- Mais. je ne comprends pas.
La mère se pencha vers lui, l'embrassa et lui dit :
- Mon amour, tu ne comprendrais pas.
Plus tard l'enfant demanda à son père :
- Papa, pourquoi maman pleure régulièrement sans raison ?
L'homme répondit :
- Toutes les femmes pleurent souvent sans raison, mon fils.
C'est tout ce que le père répondit.
Le petit enfant grandit et devint un homme.
Et de temps à autre se demandait :
- Mais pourquoi les femmes pleurent sans raisons apparentes ?
Un jour cet homme s'agenouilla et demanda à Dieu :
- Seigneur, dis moi pourquoi les femmes pleurent avec autant de facilité ?
Et Dieu lui répondit :
- Quand J'ai conçu la femme, Je me devais de créer quelque chose de spécial.
J'ai fais ses épaules suffisamment fortes, capables de supporter le poids du
monde entier. Mais suffisamment délicates pour le réconforter !
Je lui ai donné beaucoup de force intérieure pour qu'elle puisse supporter
les douleurs de l'accouchement, et aussi le mépris de ses propres enfants.
Je lui ai donné la force qui lui permet de toujours prendre soin de sa
famille sans faiblir, malgré les obstacles et la fatigue, alors que d'autre
auraient baissé les bras !
Je lui ai donné la sensibilité d'aimer ses enfants quelque soient les
circonstances, bien que ceux-ci l'ai beaucoup blessé.
Cette sensibilité lui permet de consoler n'importe quelle tristesse, pleure,
ou souffrance d'enfant, et partager les anxiétés, doutes, et peurs
d'adolescent !
Malgré tout, pour qu'elle puisse supporter tout ça, Je lui ai donné les
larmes, elles sont exclusivement siennes, pour qu'elle les utilise quand
elle en a besoin.
En les laissant couler, la femme abandonne en chaque larme un peu d'amour.
Ces larmes d'amour qui éparpillées par le vent, sauvent l'humanité !